Les alchimistes de la tendresse: Comment les pères québécois transforment les caprices des enfants en trésors de moments ordinaires

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Hier soir, Théo et Léa ont commencé à hurler dans la voiture comme si le monde allait s’effondrer. Le GPS ne voulait pas dire « Arrivé » assez vite. Moi, je tenais le volant d’une main et une bouteille d’eau de l’autre, en priant que mon épouse ne lâche pas les dents d’un patient. C’est là que je me suis rappelé ce qu’un copain, Alexandre Varen, m’avait dit une fois : « C’est pas la fin du monde, les crises, c’est juste des moments où t’as le choix entre devenir fou ou devenir malin. » Alors, j’ai lancé un défi : « Qui peut inventer la pire chanson de dinosaures ? » Bingo. Deux minutes plus tard, Léa chantait avec des jurons en anglais que je n’oserais pas répéter, et Théo dansait sur la banquette arrière.

La magie du « c’est ben normal »

Quand les enfants se transforment en volcan de larmes, on a souvent envie de crier « Pourquoi est-ce que ça me tombe toujours sur le dos ? » Mais les pères québécois, on apprend vite que l’alchimie, c’est d’accepter le chaos. Hier matin, Léa a refusé de manger son pain grillé. J’ai alors sorti ma baguette de bricoleur et je l’ai transformée en épée pour un duel imaginaire avec Théo. « Tu dois lutter contre le monstre du pain ! » J’ai crié. Maintenant, chaque petit déjeuner devient une aventure.

La patience en « mode sourd »

On nous dit que la patience est une vertu. Moi, je crois que c’est un muscle. Et comme tout muscle québécois, il faut le faire travailler. L’autre jour, Théo voulait absolument monter à l’école en patins sur la cour arrière. À -15 °C. J’ai dit oui, et on a fini avec des vêtements trempés, des fesses rouges et une leçon de physique : les patins, c’est comme le hockey, faut apprendre à tomber, se relever, puis tomber à nouveau. Et au final, il s’est levé, a souri et m’a dit : « PAPA, C’EST MOI LE MEILLEUR ! » Évidemment, j’ai hoché la tête en silence, parce que mon orgueil de père est si gros qu’il pourrait tenir un siège d’avion.

Le « s’il n’y a pas d’urgence »

On dirait que nos enfants ont un radar pour détecter les moments où il n’y a pas d’urgence. « Pis si c’est l’hiver, on va où ? » « Pourquoi le chat ne parle pas ? » « Est-ce que les nuages sont en sucre ? » La réponse magique, c’est de leur offrir un choix. Hier, Léa voulait que j’arrête de cuisiner pour lui acheter un chaton. J’ai répondu : « On peut soit lancer un concours de photos de chatons, soit on continue avec la purée. » Elle a choisi la purée. Et le lendemain, on a regardé des vidéos de chats en mangeant du poulet à la sauce poutine. On y est arrivés.

La force dans le « on va s’en sortir »

Je n’ai jamais été un père parfait. Je suis celui qui oublie le souper, qui répond « Oui, chérie » quand Jade me parle du travail, et qui se fait reprendre par mes enfants sur mes fautes de français. Mais ce que j’ai appris, c’est que les vraies fêtes de famille, ce n’est pas les gâteaux parfaits ou les cadeaux coûteux. C’est le moment où Théo me demande, après une journée où tout a explosé, de lui raconter une histoire à voix haute. Ou quand Léa me dit, avec un sourire de conspirateur, que je suis le meilleur papa du monde .

Et vous ?

Alors, comment faites-vous pour transformer les caprices en moments de tendresse ? Est-ce que vous avez un truc que vous n’oseriez jamais partager avec un étranger ? J’ai un ami qui, quand ses enfants font une crise, sort un chapeau de magicien et improvise une routine. Moi, j’utilise le hockey, les soupers en famille et les yeux de chien battu. Mais je suis toujours à la recherche de nouvelles idées. Dites-moi, les pères québécois, comment vous survivez-vous ?

Pour ceux qui veulent des idées de recettes pour calmer les enfants, regardez un de mes articles sur [les soupers québécois faciles]. Parce que parfois, la meilleure alchimie, c’est un plat de poutine et un sourire.

— Oliver Hales, papa et bricoleur – Point Héritage

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