Hier soir, Théo a lancé une balle de hockey contre le mur de la cuisine, puis m’a regardé avec des yeux écarquillés, comme si c’était moi qui avais commandé l’attaque. Léa, elle, a ri si fort que ça a réveillé Jade de sa lecture. « Papa, tu vas faire une crise cardiaque ! » a-t-elle dit entre deux éclats. Je n’ai pas répondu, j’étais trop occupé à ramasser la balle, en espérant que le mur survive.
Les jeux, ça n’a pas d’âge quand on est papa
Depuis que les enfants sont nés, j’ai appris que les jeux ne se limitent pas aux jouets. C’est aussi une balle de hockey qui se transforme en projectile, un souper qui se mue en course de pâtes, ou une course à pied qui finit en sprint vers la salle de bain. Théo, maintenant, me demande souvent de « jouer du vrai hockey », comme si la cour arrière était le Garden. Moi, je me contente de lui répondre que la prochaine génération a de la chance : elle joue dans une aréna à la maison.
Mais c’est dans ces moments-là que je sens mes traces d’abord : des marques de balles sur le mur, des éclats de rire qui résonnent dans l’appartement, des émotions qui débordent plus qu’une soupe de légumes. Mon père, qui me dirait surement que c’est trop bruyant, mais il a aimé ça quand même.
Les éclats de rire, une langue québécoise universelle
Au Québec, le rire est une monnaie d’échange. Quand Léa a voulu faire du ski de fond à quatre ans et a glissé dans le talus, les éclats de rire des passants ont couvert le vent d’hiver. Ici, on rit fort, on rit longtemps, et on rit même de nos erreurs.
Ces moments-là, c’est notre patrimoine : des jeux dehors avec les enfants, des soirées en famille à jouer aux cartes, des week-ends à traquer les bals de quartier. Et puis, les voisins qui finissent par connaître nos blagues par cœur. J’ai vu une fois Thomas Bergeron – mon collègue – sur le balcon, en train de rire de la même farce que nous à la maison. C’est comme ça que les liens se forment, entre deux rires et une bière.
Les pères, c’est pas des super-héros, c’est des humains maladroits
Parfois, je me sens un peu comme un papa en construction. Hier, j’ai essayé de monter un meuble IKEA en même temps que de préparer un gâteau d’anniversaire pour Théo. Le résultat ? Un meuble pas droit et un gâteau ressemblant à une catastrophe volcanique. Jade a ri, elle aussi. « On dirait que tu as fait ça avec les yeux bandés ! » Moi, j’ai juste marmonné : « C’est la paternité, ma belle. On n’a pas le droit de rater ? »
C’est là que je comprends qu’être papa, c’est accepter l’imperfection. On tombe, on rattrape, on rigole de nos erreurs. Victoria, ma sœur, m’a dit un jour que « les pères, c’est les murs sur lesquels les enfants s’égratignent, mais qui les soutiennent quand même ». C’est juste, et c’est un peu ce que j’essaie d’être : un mur solide avec un peu de résistance.
Les traditions, ces petits rituels qui marquent
Au Québec, les traditions familiales sont comme des racines : discrètes, mais solides. Le souper, les matchs de hockey, les promenades en raquette en hiver. Chez nous, c’est aussi le samedi matin : les enfants me réveillent à 8h pour « aider à préparer le souper », ce qui signifie surtout manger des croissants et boire du café.
Et puis il y a les liens avec la famille d’enfance. Alexandre Varen, mon ami d’enfance, m’a envoyé une photo de son fils, qui a le même âge que Théo. On se moque l’un de l’autre, on se compare les exploits parentaux, et on se rappelle que c’est dans ces moments-là qu’on devient des pères qui ne sont pas seuls.
En fin de compte, on n’écrit pas d’histoire parfaite
Alors, les pères, quels sont vos jeux préférés avec vos enfants ? Les balles dans les murs, les courses de pâtes, les éclats de rire dans le froid ? J’aimerais bien entendre vos histoires. Peut-être qu’on apprendra à rire un peu plus fort.
Pour ceux qui cherchent des idées, les jeux québécois d’antan pourraient inspirer votre prochain week-end en famille. Après tout, c’est dans le jeu que l’on écrit nos traces.
— Oliver Hales, papa et bricoleur – Point Héritage


