Marcher, courir, danser : comment la paternité change avec les années

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C’est à 10h30 du matin, une tasse de café à moitié vide à la main, que je me retrouve accroupi dans la cour arrière en train de rattraper Théo pour la troisième fois. Il marche, titube, tombe, pousse un cri, et se relève comme si c’était un sport olympique. Jade, à l’intérieur, crie : « Oliver, arrête de le faire tomber exprès ! ». Je rigole, mais c’est là, dans ce moment de chaos, que j’ai réalisé que la paternité, c’est une école de mouvement : marcher, courir, danser avec les années. Et chaque phase, c’est un pas de danse que tu ne maitriseras jamais parfaitement, mais que tu apprends à danser avec le cœur.

Marcher : quand les premiers pas sont aussi les tiens

Théo à 18 mois. Les fameux premiers pas. On passait des journées entières à le tenir par les mains pour le guider, genre une chorégraphie de tontons flingueurs. Il trébuchait sur ses propres pieds, se réfugiait dans mes bras, et j’étais fier comme un pape. C’était le walk, le début du voyage. On pensait alors que ça suffirait : le temps d’apprendre à manger seul, à se laver les mains, à dire « papa » avant d’aller dormir.

Mais la marche, c’est aussi le rythme des nuits : lever à 2h, donner du lait en biberon, chanter « Bonhomme de neige » à tue-tête pour calmer un bébé. Jade et moi, on se passait le bébé comme des relais, en souriant à travers le manque de sommeil. On croyait que ça durerait toujours, cette lenteur.

Courir : la tempête des 3-5 ans

Le switch a été brutal. Théo est devenu un mélange de curiosité et de boulimie d’énergie. L’été, on courait dans la cour arrière pour l’empêcher de tomber dans le ruisseau. L’hiver, il essayait de glisser sur les patins de hockey d’un voisin, et j’étais forcé de courir après lui en bottes d’intérieur. Le soir, les batailles de dents, les réticences à manger le bouillabaisse , et les crises de larmes à cause d’un biscuit au chocolat oublié.

Ce n’était plus le walk, c’était le run, la course folle des émotions. On se demandait comment on faisait avant, quand on avait le temps de lire le journal tranquillement. Thomas Bergeron, mon collègue, nous a raconté la même chose en riant : « Le truc, c’est de respirer profondément. Genre, vraiment, on croit qu’on va devenir fous, mais c’est juste des étapes. » Il nous avait aussi suggéré le chamallow comme dessert « moins dangereux », ce qui, bien sûr, a causé une crise de sucre.

Danser : quand l’équilibre devient une performance

C’est avec Léa que j’ai compris le dance. À 2 ans, elle tourne sur elle-même en chantant « Je danse le hip-hop » avec sa poupée. Théo, 6 ans, lui hurle : « Arrête de danser, c’est pour les bébés ! » et moi, je reste planté là, en pyjama, avec un bol de pop-corn à la main. La paternité, c’est aussi apprendre à danser avec les émotions de vos enfants, à accepter qu’un enfant puisse être aussi calme que l’autre est exubérant.

Léa a appris à dire « papa » en dansant. Théo, à lancer un soulier à travers la cuisine. Et moi, j’ai appris que l’équilibre, c’est de ne pas chercher la perfection. C’est d’accepter que les soupers sont souvent des désastres, que les jeux de société finissent en guerre de coussins, et que le plus important, c’est qu’on rit ensemble.

S’adapter : quand les étapes ne s’arrêtent jamais

Hier soir, en rangeant les jouets, j’ai trouvé un vieil album de photos. Sur une image, Théo marche, titubant dans la neige. Sur une autre, Léa danse, rayonnante dans la cour arrière. Et entre les deux, il y a des dizaines de souvenirs de courses, de cris, de câlins. La paternité, c’est comme un chanson : on ne sait jamais quand les paroles vont changer.

Hier, Alexandre Varen, mon ami d’enfance, m’a appelé en disant : « Tu te souviens, on faisait des conneries en été ? Ben, maintenant, c’est les mômes qui en font. » On s’est ri des étapes de nos fils, qui ont le même âge, et on a convenu d’une chose : chaque phase apporte un défi, mais aussi un cadeau.

Et toi ? À quelles étapes penses-tu en souriant, en soupirant, ou en riant ?

La paternité, c’est comme un été québécois : on ne peut pas tout planifier. Il y a des jours où tu marches, d’autres où tu cours, et des fois où tu danses par réflexe. Mais à la fin de la journée, tu regardes tes enfants, tu souris, et tu te dis : « Ben là, c’est ça, la vie. »

Alors, raconte : dans ta famille, quelle est l’étape qui t’a marqué le plus ? Les premiers pas, les mille questions du matin, ou les danses improvisées en pyjama ?

P.S. : Si tu veux d’autres idées pour gérer les étapes , tu peux lire [cet article sur les traditions familiales] — c’est un bon début pour créer des souvenirs qui durent.

— Oliver Hales, papa et bricoleur – Point Héritage

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