La semaine passée, pendant que les enfants jouaient dehors dans la cour arrière à des jeux que j’ai oubliés depuis leur naissance, je me suis surpris à sortir mon téléphone pour vérifier un courriel. Puisque Théo me criait de venir le rejoindre pour un match de hockey avec des caisses en carton, et que je répondais à un message de Thomas Bergeron , j’ai dû reconnaître que mon téléphone, en ce moment, ressemblait plus à un concurrent qu’à un outil. Le problème, c’est que je me dis souvent que je dois être disponible… même quand je devrais être présent.
Le piège du Wi-Fi domestique: Quand le smartphone devient le concurrent du jeu de pente
C’est arrivé hier soir, pendant le souper. Les enfants étaient assis à la table à raconter leur journée à l’école, et Jade posait des questions pertinentes sur l’anglicisme du jour . Moi, je regardais mon téléphone. Pas par malveillance, juste par… habitude. Comme si le courriel non lu de Thomas ou le tweet de Victoria pouvaient soudain me sauver la vie. Ce n’est qu’en levant les yeux que j’ai vu le silence soudain. Théo avait posé sa fourchette, Léa jouait avec son verre d’eau, et Jade ne me regardait pas. J’ai eu l’impression que j’étais devenu invisible. C’est à ce moment que je me suis rappelé ce que m’avait dit Alexandre Varen, mon ami d’enfance: « Le téléphone, c’est comme un animal de compagnie. Si tu l’alimentes, il grandit, et un jour, il mange la maison. » Et là, c’était l’inverse: le téléphone mangeait moi.
Le défi des écrans: Comment on passe du mode « travail » au mode « papa »
Un des plus beaux moments, c’est quand les enfants viennent me voir avec des yeux pétillants, prêts à me raconter la chose la plus géniale du monde. Mais souvent, je suis encore en mode « réunion virtuelle à 18h », avec des ondes de concentration. Le pire? Quand je me force à sourire, sans écouter vraiment. C’est comme si j’étais deux personnes: celle qui répond à la demande de Théo, et celle qui pense à la présentation du lundi matin. Un jour, Jade m’a fait remarquer que je réagissais comme si « j’écoutais avec les oreilles, mais que je répondais avec le dos ». C’est drôle, mais c’est aussi une vérité douloureuse. Comment on apprend à éteindre l’écran des yeux quand on a l’écran dans la tête? C’est peut-être là qu’on est pères, non? Dans les erreurs, les rappels et les tentatives de s’améliorer.
Les moments de silence: Un trésor rare à protéger
Il y a eu cette fois, où les enfants étaient malades, et que je suis resté à la maison. Aucune réunion, aucun courriel urgent. Juste des jeux de société, des câlins, et ces silences où on entendait les vagues de la télévision. Ce jour-là, je me suis rendu compte qu’on pouvait vraiment se parler. Théo m’a confié qu’il avait peur de l’école, Léa m’a dit que sa meilleure amie l’avait traitée de « crisseuse » . C’était un silence pas désagréable. On en est presque devenus experts, mon épouse et moi, à planifier ces moments. Comme des aventures clandestines. On se dit: « Aujourd’hui, on s’isole. Pas de téléphone. Juste des pizzas surgelées et des films pourris. » Parce que c’est là qu’on construit des souvenirs, pas dans les notifications.
Les astuces pour naviguer entre connexion et présence
On ne peut pas tout contrôler, mais on peut essayer de s’organiser. Par exemple, on a adopté une règle simple: aucun téléphone à la table du souper. Ce n’est pas non plus un truc parfait, parce que parfois, je triche . Mais les enfants l’ont adopté à 100%. Ils me surveillent! Et ce n’est pas non plus mal. Jade m’a aussi suggéré de « créer un horaire de connexion et de déconnexion », comme on fait avec les enfants et leurs écrans. Moi, je suis en train de tenter un truc fou: je mets mon téléphone dans une boîte en carton à la fin de la journée. Théo m’a dit que c’était une bonne idée, sauf que la boîte ne devait pas être trop grande, parce que sinon, le téléphone pourrait s’en sortir. » Je suis papa, donc je prends ses conseils au sérieux.
[Conclusion] Un père connecté, mais pas débranché
C’est drôle, non? On se croit connecté au monde, mais finalement, ce sont les moments où on est débranché qui nous rapprochent le plus des autres. Le père connecté, c’est un oxymoron. Ce n’est pas notre téléphone qui nous rend plus disponibles… c’est nos enfants, nos époux, nos rires et nos silences. Alors, les gars, c’est quoi, vos astuces pour équilibrer le tout? Moi, je m’y tente avec des boîtes en carton, des pizzas et des câlins. Mais j’ai hâte d’entendre vos histoires. C’est peut-être là que ça se passe: entre les crissements, les sourires et les écrans qu’on éteint.
Pour en savoir plus sur la gestion du temps technologique en famille, vous pouvez jeter un coup d’œil à notre article sur Comment les papas québécois apprennent à gérer les écrans avec humour et rigueur en cliquant ici.
— Oliver Hales, papa et bricoleur – Point Héritage


