C’est là, pile à 7h15, que le chaos s’est mis à danser. Théo, à cheval sur une chaise de la cuisine, criait en secouant sa tasse de lait, en proie à une crise majeure sur le fait que sa « tasse d’eau » ne contenait pas d’eau, mais de la « lait ». Léa, qui s’était réveillée en avant-première à 6h30, avait déjà transformé notre cour arrière en terrain de hockey improvisé, avec un seau en guise de rondelle et un ballon de football. Jade, la tête dans le réfrigérateur, murmurait des mots de dentiste en cherchant un yaourt pas trop épicé, parce que « le sirop d’érable, c’est pas de saison ». Et moi? J’avais une brossette à balai à la main, un plancher qui ressemblait à un terrain de guerre , et une idée : on dirait que la paternité québécoise, c’est la danse de la survie avec la chorégraphie la plus improbable du monde.
Le balai, symbole de la paternité québécoise
Je me souviens quand Victoria m’a dit que les pères, on finit par vivre dans un état permanent de nettoyage. « C’est comme si le ménage était un sport olympique, » m’avait-elle ri au nez. Depuis, j’ai compris. Le balai ne se contente plus de pousser la poussière : il est notre bâton de commandement, notre baguette magique. Hier, on a fait un souper en famille avec des pâtes à la carbonara. Théo, le chef, avait insisté pour « casser le jaune de l’œuf avec ses doigts » . Léa, bien sûr, a décidé de décorer la table avec du fromage parmesan. Le plancher? Une carte de l’Italie. Le balai est entré en action, mais j’ai appris que le balai québécois, c’est pas juste un ustensile, c’est une philosophie : on ne nettoie pas, on improvise. On fait avec, comme les pères des années 70, avec leur bouteille de cidre et leur cendrier rempli de mégots.
L’ami d’enfance et l’éducation par le hockey
Un jour, Alexandre Varen est venu avec son fils, Matteo. Le type, lui aussi, a deux gamins à la maison. On s’est retrouvés à discuter devant la cabane de jardin, pendant que les petits s’affrontaient avec des balais en guise de sticks. Alexandre m’a dit un truc que je n’oublierai jamais : « L’éducation, c’est comme le hockey. On apprend pas à surprenant, mais à s’adapter. » J’ai pensé que c’était une belle définition. Théo, en particulier, a hérité de l’esprit d’équipe et de l’agressivité. L’autre jour, il m’a défendu devant un prof qui m’avait fait une remarque sur les devoirs. « C’est papa, il est pas fort en math. Mais il est fort quand on joue au hockey! »
Entre collègues et collègues en herbe
Le week-end dernier, j’ai emmené les enfants chez Thomas Bergeron. C’était notre première fois. Et c’était un peu comme un tournoi de hockey : des échanges, des passes, des échanges, et une tension palpable. Thomas est un excellent père, mais il est un peu trop fier de lui. Il a fait jouer Léa à un jeu de société qu’il a lui-même programmé. Je l’ai regardé, un verre de bière à la main, et j’ai pensé : « Si je continue, j’aurai un enfant qui joue à Minecraft sur des serveurs privés, et qui parle français avec un accent de données informatiques. »
Mais Thomas m’a aussi montré un truc : il a toujours une idée de projet, comme un entrepreneur. Il a dit que la paternité, c’est comme lancer une start-up. « On a un business plan, mais on ne sait pas trop vers qui il va se tourner. » Je me suis dit que c’était une comparaison qui me convenait bien.
La chorégraphie québécoise : entre les crises de colère et les câlins
Et puis, il y a les moments où le chaos se transforme en danse. C’est là, dans ces moments où on croit qu’on n’y arrivera pas, qu’on découvre la magie du quotidien. Le week-end dernier, Théo est tombé en pleine cour de l’école. Il avait mal au genou, et la larme coulait sur son visage. J’ai couru vers lui, et je l’ai pris dans les bras. Il ne disait rien, mais j’ai senti qu’il avait besoin de moi. Et là, j’ai compris que la paternité québécoise, c’est pas une chorégraphie, c’est une improvisation. On doit être prêts à danser avec la vie, même si on ne connaît pas les paroles.
Je me souviens d’un article sur Point Héritage, intitulé Comment les pères québécois apprennent à danser avec leurs enfants Lire l’article. Il disait que la paternité, c’est un art de la transformation. On transforme les crises en rires, les larmes en câlins, les balais en symboles.
Et si la paternité québécoise, c’était une danse de survie ?
Alors, les gars, comment vous vivez le chaos quotidien ? Est-ce que vous aussi, vous trouvez que c’est une danse, ou est-ce que c’est juste un tourbillon que vous essayez de dompter ?
Pour ma part, je continue à balayer, à cuisiner, à danser, et à essayer de ne pas oublier que la paternité, c’est un art. Un art québécois, bien sûr : un art de la survie, de l’humour, et de l’amour.
— Oliver Hales, papa et bricoleur – Point Héritage


