L’odeur de la bouillabaisse m’a bloqué le souffle. C’était une de ces ruelles de Québec où le temps s’accroche aux murs, et ce plat, servi sur une nappe élimée depuis des décennies, coûtait moins cher qu’un café en ville. Trois heures plus tard, j’étais encore à chercher des yeux un autre de ces plats oubliés, convaincue que la vraie aventure se cache là où le Wi-Fi ne capte pas. Si tu as envie de goûter à quelque chose d’inédit en solo, sans te ruiner, lisez.
Le premier plat : Une recette qui tient debout sans sauce
C’était un genre de ragoût, mais pas celui qu’on vend en portion individuelle dans les supermarchés. Les ingrédients sentaient l’air marin, le bois brûlé et l’huile d’olive rance qu’on ne jette jamais. Le serveur n’a même pas sourire quand j’ai demandé une fourchette supplémentaire : « C’est normal qu’on vous en donne deux, ici. » J’ai mis plus de temps à manger que le temps que l’assiette refroidisse.
Le deuxième plat : L’art de manger lentement
On me l’a servi dans un bol en porcelaine, avec une cuillère qui semblait trop grande pour la taille du plat. J’ai dû la demander en plus, mais c’était le genre de détails qui font sourire en solo. C’était chaud, un peu gras, et c’était pile ce qu’on oublie quand on court entre les arrêts de bus. Je n’ai pas vu le prix, juste une étiquette bleue sur la vitrine. Ç’a coûté moins d’un repas rapide.
Le troisième plat : Le secret dans les arrière-rues
J’ai demandé à une amie, la seule à avoir fait ce genre de recherche, et elle m’a envoyé un message avec deux adresses : « Essaie ici. Mais ferme la porte à clé, on sait jamais. » C’était un genre de cabane dans une cour arrière, sans enseigne. Le plat ressemblait à une purée mais sans puréeuse. Il y avait des piments, des patates, et une touche de citron qui te donnait l’impression de respirer la mer en hiver. Je n’ai même pas cherché à prendre des notes.
Le défi des 10$ pour un dîner de 12 plats à Québec
Le murmure des assiettes et le silence des cartes
J’ai mangé dans un endroit où il n’y a pas de Wi-Fi, pas de menu, et pas de photos sur les murs. Juste des assiettes sales, des couverts rouillés, et des plats qui ressemblaient à ceux qu’on apporte quand on invite quelqu’un à manger sans prévenir. En solo, c’est là que je me sens la plus proche des autres. Quand tu as envie de goûter à une histoire qui ne s’écrit pas sur Google Maps, commence par ouvrir la porte. Et si tu trouves ton propre plat oublié, dis-moi comment c’était.
— Victoria Hales, exploratrice et voyageuse — Point Horizon

