Ici, le silence parle plus fort que les mots : mon voyage solo en Islande

Bonjour, c’est Victoria Hales, une québécoise adepte des grands espaces et des voyages solos. Depuis que j’ai posé mes valises en Islande, je ne cesse de me demander comment ce pays, à la fois hostile et sublime, a réussi à me captiver à ce point. Si vous êtes en quête d’un endroit où la nature se révèle sans filtre, où chaque virage de route dévoile un paysage inédit, alors l’Islande est faite pour vous. Cet article vous emmène avec moi à travers ses terres de glace et de feu, ses lacs de lave, ses cascades et ses aurores boréales. Préparez-vous à vivre une aventure où le silence devient votre meilleur compagnon.

Le spectacle des aurores boréales : une danse céleste en solitaire

L’Islande est réputée pour ses aurores boréales, mais croire que c’est un phénomène simple à voir, c’est se tromper. J’ai dû affronter mon premier échec lors d’une soirée où le ciel était voilé de nuages. J’étais à Kirkjubæjarklaustur, une petite bourgade au sud, avec un plan bien tracé : me rendre à la plage de lave de Vík dès la tombée de la nuit. Mais les nuages, mes pires ennemis, m’ont contrainte à réagir. J’ai donc improvisé, me rendant à la réserve naturelle de Landmannalaugar, où les montagnes enneigées se dressent comme des sentinelles. Et là, miracle : les aurores ont percé la couche nuageuse, dansant en vert et bleu sur le ciel. Ce moment, vécu seul, m’a rappelé que l’imprévu fait partie du voyage.

Conseil pratique : Pour chasser les nuages, privilégiez les mois d’octobre à mars. Téléchargez l’appli My Aurora Forecast pour connaître les heures de visibilité. Et n’oubliez pas un thermos de café : il fait sacrément froid sous les aurores !

Le circuit du Golden Circle : entre mythes, glaces et fumées

Le Golden Circle est souvent présenté comme l’itinéraire incontournable de l’Islande. Moi, je l’ai traversé avec une curiosité presque religieuse. Þingvellir, le premier arrêt, m’a transportée dans un lieu où l’histoire et la géologie se mêlent. Entre les plaques tectoniques de l’Amérique et de l’Eurasie, j’ai marché sur le point le plus sacré de la nation islandaise.

Ensuite, Gullfoss, la chute de glace, m’a laissée sans voix. L’eau, déchaînée, s’écrase dans le canyon, un bruit si puissant qu’on ne peut s’empêcher de crier pour se faire entendre. Et puis, Strokkur, le geyser, qui explose toutes les dix minutes, comme un rappel de la force de la Terre.

Mon anecdote : J’ai essayé de prendre une photo de Strokkur au moment de l’éruption. Raté. La vapeur m’a tout brouillé. J’ai ri de moi, mais c’est là que j’ai rencontré un local qui m’a offert un gâteau islandais . Les gens ici sont si gentils…

Le sud : cascades, lacs de lave et plages noires

Le sud de l’Islande est une succession de merveilles. Seljalandsfoss, la cascade traversable, m’a permis de marcher derrière le rideau d’eau, un frisson à chaque pas. Skógafoss, plus grande et plus impressionnante, m’a offert des arcs-en-ciel que l’on pouvait toucher.

Mais c’est à la plage de lave de Vík, Reynisfjara, que je me suis sentie la plus proche de l’essence de l’Islande. Les vagues s’écrasaient sur les rochers noirs, des colonnes de basalte se dressaient comme des sentinelles, et les vols de puffins semblaient me guider. J’ai marché jusqu’à la limite de la lande, où la mer et la terre se disputaient l’espace. Un silence écrin, un vent glacial qui charriait l’histoire.

Note personnelle : J’ai passé la nuit dans un guesthouse à Vík. Le propriétaire, une femme aux cheveux blancs, m’a raconté des légendes nordiques. C’était un rappel que l’Islande est aussi un pays d’histoires.

Le nord : les secrets des fjords et des lacs

Le nord de l’Islande est moins fréquenté, mais pas moins magique. J’ai emprunté la Route 850, surnommée la « Route des étoiles », pour rejoindre les lacs de lave de Mývatn. Là, les formations géothermiques ressemblaient à des paysages martiens. J’ai même testé le bain de lave, une expérience où on plonge dans de l’eau tiède sur des roches encore fumantes. C’était… bizarre, mais captivant.

Ensuite, le fjord d’Árnessýsla m’a ébloui. J’ai pris un ferry pour y voir les montagnes enneigées et les falaises où les oiseaux de mer nichent. C’était un moment de calme absolu, loin des routes bitumées.

Astuce : Le nord est idéal pour les amoureux de tranquillité. Mais vérifiez les conditions de route : les chemins sont souvent en terre et peuvent être impraticables après les pluies.

Le soleil de minuit : quand la nuit n’existe pas

J’ai visité l’Islande en été, au cœur de la saison du soleil de minuit. Le phénomène, où le soleil ne se couche pas, est à la fois étrange et merveilleux. J’ai dormi dans une tente à Jökulsárlón, le lac de glace, sous un ciel toujours éclairé. Les baleines, les oiseaux, les étoiles… tout semblait vivre dans une lumière éternelle.

C’est aussi un bon moment pour faire des randonnées. J’ai escaladé le glacier de Vatnajökull, une expérience où l’on se sent aussi petit qu’un grain de sable.

L’Islande m’a offert des paysages qui défient l’imagination, des rencontres inattendues et des moments de solitude précieux. Voyager seul ici, c’est apprendre à écouter le silence, à se fier à son instinct et à apprécier la beauté de l’imperfection. Si vous cherchez un endroit où la nature est reine et où chaque pas est une découverte, l’Islande est votre destination. Et si vous, comme moi, êtes québécois, vous retrouverez un lien profond avec ce pays où la poésie de la nature parle votre langue. À bientôt, peut-être, sur les routes islandaises !

— Victoria Hales, exploratrice et voyageuse – Point Horizon

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