3 km de Sentier, 1 Jour de Randonnée en Forêt de Charlevoix en Solo – Comment Je Me Suis Perdue et Reconnue à Travers les Racines de l’Indécision et la Sérénité des Érables

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La terre humide s’imprégnait de mon pas comme si les racines d’épinettes voulaient m’attirer sous leur couverture de mousse. Je portais le même sac à dos depuis Barcelone, mais aujourd’hui, ses sangles semblaient plus lourdes, comme si chaque décision hésitante de ma vie s’y était accumulée.

Deux heures après avoir quitté l’auto, j’ai réalisé que le sentier s’était divisé en trois branches sans avertissement. La carte à l’ancienne que j’avais glissée dans ma poche s’était effacée à la pluie, et le soleil qui filtrait à travers les érables ne m’offrait qu’un filet de lumière inutile. Ce n’était pas une crise, mais un tournant.

L’Indécision en Marche

La forêt de Charlevoix ne parle pas fort. Elle murmure par les frôlements des feuilles, les craquements des branches basses, le silence des racines profondes. J’ai choisi la voie de gauche, celle qui descendait légèrement vers un ruisseau. Pas de GPS, pas de signal, juste le bruit de mes bottes et le souvenir d’une conversation avec Élise, il y a six mois : « Tu as toujours besoin d’un plan, Victoria. Même pour respirer. »

Pourtant, cette fois, le plan était de ne pas en avoir. Les trois premiers kilomètres étaient censés être simples, mais l’absence d’itinéraire précis avait transformé ma randonnée en une danse avec l’incertitude. J’ai reconnu ma propre voix, celle qui chuchotait : « Et si tu t’étais trompée? »

Les Racines de l’Écoute

Le quatrième km a changé tout ça. Le sentier s’est refermé sur lui-même, et j’ai vu les mêmes rochers, les mêmes érables aux branches tordues. Ce n’était pas un mirage : j’avais fait un cercle. Le ruisseau à mes pieds coulait lentement, comme si le temps avait décroché. J’ai posé mon sac, m’assise à l’ombre d’un pin, et laissé le silence prendre le dessus.

C’est là que j’ai compris l’astuce des forêts. Elles ne demandent pas de but, elles demandent de l’écoute. Les érables, les sapins, les moucherons qui dansaient entre les rayons — tout formait un kaléidoscope d’existences parallèles. L’indécision qui m’avait rongée dehors, dans le monde des écrans et des réseaux, s’est révélée être un choix. Pas le bon, pas le mauvais, juste un choix.

La Sérénité des Érables

Le retour vers l’auto fut différent. Je n’avais pas de carte, mais chaque racine semblait me guider. Le sentier, qui m’était apparu comme une série de décisions arbitraires, devenait un fil de sagesse naturelle. À un moment, j’ai vu un écureuil roux traverser mon chemin. Il ne s’est pas pressé, ni ne m’a regardée comme s’il jugeait.

J’ai pensé à mon frère. Il dirait que c’était un signe. Moi, je l’ai vu comme un rappel : la sérénité ne vient pas de la certitude, mais de la flexibilité. Dans la forêt, l’errance n’est pas une perte. Elle est une découverte.

Entre les Racines et les Étoiles

Quand j’ai remis les clés à l’auto, la fatigue était réelle, mais l’apaisement l’était plus. Les trois kilomètres de sentier n’avaient pas résolu mes questions — il n’y a pas de questions résolues en forêt — mais ils m’avaient appris à les poser autrement.

Si vous marchez seul dans les Laurentides ou les Cantons-de-l’Est, vous comprendrez ce que je veux dire. Il n’y a pas de sentier parfait, mais chaque tournant offre une chance de s’écouter. Et peut-être, comme moi, vous trouverez ce que le ruisseau vous dit, mais que vous n’avez jamais osé entendre.

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— Victoria Hales, exploratrice et voyageuse — Point Horizon

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