L’odeur du poisson grillé qui flottait dans l’air humide du matin m’a arrêtée net sur la digue. Le gars à la caisse de la cabane nous a regardées, Élise et moi, comme si on quémandait un miracle. C’t’une histoire de prix : 5$ pour un filet de brochet, une soupe aux huîtres pis une tisane aux baies. Pis trois heures plus tard, on comprenait pourquoi personne n’osait en parler — ce genre d’endroits, c’est des trésors oubliés de la Gaspésie. Si tu rêves de manger pour des sous en profitant de la beauté sauvage sans jamais toucher à ton WiFi, voici les quatre cabanes de pêcheur qui ont changé mon été 2024.
1. La cabane des marins de Percé
C’t’un endroit où le temps s’arrête. On a atterri là après une heure de marche sur un chemin boueux qui longeait les falaises. La cabane ressemblait à un hangar de pêcheur abandonné, mais le proprio, un monsieur qui semblait avoir connu toutes les tempêtes de la baie, cuisinait comme s’il avait été le roi des mers. Le filet de saumon était si ferme qu’il tenait debout, pis la soupe aux algues sentait l’iode à trois mètres. 5$, pis on avait le droit de s’asseoir sur les rochers à regarder les phoques danser. Élise a pris 200 photos avant de réaliser qu’elle avait laissé son téléphone au fond de sa poche.
2. L’abri de la forêt des Baies
C’t’une cabane cachée dans les bois de la Gaspésie. Ce qui compte, c’est qu’on a eu l’impression d’être les seules humains sur la planète. Le gars qui y travaillait nous a offert de la soupe aux herbes sauvages, faite avec des orties qu’il ramassait lui-même. Le filet de morue était si gras qu’il fondait dans la bouche. Pis le dessert? Des framboises fraîches, cueillies le matin même dans les fourrés. On a mangé en écoutant le vent siffler entre les arbres.
3. La cahute des rochers de Forillon
C’t’un coin qui sent la résistance. On s’est pointées vers midi, le vent si fort qu’il fallait se tenir les cheveux en place avec les mains. Le proprio nous a servies en disant : « Pis vous, vous voyagez comment? » Sa soupe aux crustacés était si épicée qu’on a dû l’arroser avec de la tisane à la verveine. Le filet de cabillaud, c’était du pur réconfort. Pis en partant, il nous a données des cartes des chemins cachés, tracées à la main. On s’en est servies pour se perdre pis finalement, c’était la meilleure partie.
4. La cabane du lac aux Loups
C’t’un endroit où le silence est si profond que tu entends ton cœur battre. On est arrivées en canot, pis la cabane était juste là, comme si elle attendait depuis le début des temps. La soupe aux lentilles était si chaude qu’elle a fait fumer les mouches. Le filet de truite était si frais qu’on aurait pu le manger cru. Pis la tisane aux feuilles de myrtille, c’était l’ultime touche. On a dormi dans des sacs de couchage sur des lits de paille, pis le matin, on s’est levées pour voir le lever du soleil sur les lacs.
Rêver pour 5$ : C’est une bénédiction qu’on mérite pas
Manger pour 5$ dans ces cabanes, c’est plus qu’un repas — c’est un pacte avec la simplicité. On t’a pas raconté des endroits chics. C’tait des lieux où les murs tremblent au vent, où les chaises sont branlantes, pis où le WiFi, c’est une légende. Mais c’est précisément ça qui les rend précieux. Si tu veux savoir comment voyager en Gaspésie sans vider ton portefeuille, cet article t’expliquera le reste. Moi, je me demande seulement si les 5$ de la soupe valent plus que les 500$ du resto en ville.
Alors, quelle cabane t’as envie de visiter? Pis à quelle soupe tu préférerais renoncer pour un repas comme ça?
— Victoria Hales, exploratrice et voyageuse — Point Horizon

