Sous les premiers rayons du soleil, j’ai marché dans une forêt de spruces, l’air chargé de résine et de neige qui fond doucement. Mes doigts effleuraient les aiguilles épineuses, et un mince filet de sève s’échappait d’un tronc cassé. C’était ce moment, entre le sommeil et l’éveil du nord, où la terre semble retenir son souffle. C’est là que j’ai compris combien les herbes du nord, combinées à des postures de yoga, pouvaient transformer notre énergie — un mélange de résilience terrestre et de souplesse intérieure.
Pourquoi l’épinette et les herbes du nord comptent ici, à l’heure des hivers longs et des journées courtes
Les racines de l’épinette s’enfoncent profondément, traversant les sols acides et les frimas. C’est une leçon de patience et de persévérance, deux qualités que notre terre québécoise incarne. Les herbes comme le pin, le sapin, ou l’épinette blanche sont des alliés silencieux : elles filtrent l’air, purifient l’esprit, et, en infusion, réveillent une énergie qui n’est pas bruyante, mais durable. Ici, où l’automne s’attarde et l’hiver cogne fort, ces plantes ne sont pas seulement des ressources — elles sont des symboles. Elles nous rappellent que l’énergie ne vient pas toujours des grands gestes, mais des micro-mouvements, des respirations profondes, des habitudes ancrées.
Une pratique concrète : allier yoga et herbes dans un rituel du matin
Assis sur un tapis, les genoux ramenés contre la poitrine, les mains en appui sur les cuisses, on imite la posture de l’enfant . C’est un retour à l’essentiel, à la sécurité que le sol offre. Dans cette pose, je tends le bras vers une branche d’épinette, cueillie la veille. Entre mes doigts, je sens la rugosité du bois, l’odeur de résine qui me ramène à l’enfance, aux randonnées en forêt avec Victoria, qui m’avait appris à reconnaître les sapins par leur écorce. Puis, une gorgée de tisane — une infusion de feuilles d’épinette et de romarin, légère, mais bien chaude.
La pratique :
S’allonger sur le dos, genoux fléchis, talons proches des fesses.
Respiration profonde par le nez, lentement, en comptant jusqu’à six.
Maintenir la posture cinq minutes, le regard tourné vers un point fixe .
Boire la tisane tiède après cette méditation, en répétant mentalement : Je suis ancré, je suis nourri par la terre.
Aller plus loin : quand l’énergie naturelle devient un dialogue
Il ne s’agit pas de forcer le corps ni l’esprit à agir, mais de les écouter. Si la tisane d’épinette vous donne mal au cœur, ajoutez une pincée de gingembre. Si la posture vous fatigue, allongez-vous simplement, un oreiller sous les genoux. La nature n’a pas d’urgence : elle progresse à son rythme, et notre yoga aussi. Je me souviens d’un été où Victoria m’avait guidée dans une marche silencieuse, où nous suivions les traces des cerfs. Ce n’était pas un effort, c’était un dialogue — entre le sol et mes pieds, entre l’air et ma respiration.
Un geste simple, un rappel du nord
Le rituel du matin peut prendre deux minutes. Il suffit de s’allonger, de respirer, et de sentir le contact du tapis — ou de la mousse, si l’on est chanceux. Une tisane d’épinette ne coûte pas cher : des branches cueillies, des feuilles sèches, un peu d’eau. C’est une manière de dire à notre corps, en français québécois : T’es chez toi, ici. T’as ce qu’il faut.
Invite à essayer, sans attendre les beaux jours
Je vous invite à tenter cette combinaison, même sous la pluie ou la neige. Prenez le temps. Rien de ce que la terre offre ne presse. Et si vous avez envie d’en savoir plus sur les herbes du nord et leurs alliés du yoga, [lisez ce que Victoria et moi avons découvert] il y a quelques années.
Alors, aujourd’hui, combien de temps passerez-vous à respirer profondément ?
— Camille Lavoie, naturopathe – Point Harmonie


