Ce matin, je tenais ma tasse de tisane chaude en regardant la neige tomber sur le lac St-Jean, en m’observant inspirer par le nez, expirer par la bouche — ce rituel de respiration qui me raccroche à la terre. Le froid québécois a cette façon de nous pousser à creuser en soi, de nous demander: Est-ce que je suis prête à m’adapter, ou est-ce que je me laisse geler?
L’hiver, une école de sérénité
Il y a une beauté brute dans le froid. Il force le corps à ralentir, le mental à se calmer. Dans mon atelier de yoga, les gens arrivent avec des jambes lourdes, des épaules encombrées de tension, des souffles courts. Et pourtant, quand on se met à écouter le silence de la saison — le craquement des branches sous la neige, la lenteur des nuages — on réalise que l’hiver n’est pas un ennemi, mais un professeur. Il nous apprend à cultiver la chaleur intérieure, à laisser le vent dehors et à allumer des feux à l’intérieur.
Respiration et énergie : le pranayama pour le froid
Depuis que Victoria m’a fait découvrir le pranayama — la respiration yoga —, je n’ai plus jamais eu froid de la même façon. Un exercice simple, à faire en pyjama, devant un poêle ou une théière:
Asseyez-vous confortablement, jambes croisées, dos droit.
Inspirez par le nez en comptant jusqu’à 4, remplissant les poumons comme une soupe chaude.
Retenez votre souffle en comptant jusqu’à 2 .
Expirez lentement par la bouche en comptant jusqu’à 8, en imaginant que vous soufflez sur un doigt gelé pour le réchauffer.
Répétez 5 fois. Cet exercice équilibre le système nerveux, apaise les tensions, et stimule la circulation. C’est comme un sweat interne, sans effort.
L’art de ne pas se brûler les ailes
Les techniques naturopathiques sont là pour nourrir, pas pour dominer. Je suis souvent surprise par le besoin de certains de s’entourer de manteaux de laine, de marmelades à la cannelle, et de bains brûlants… jusqu’à ce que le corps refuse le surchauffage. L’hiver, c’est aussi apprendre à respecter ses limites. Si les pieds sont froids, c’est un signal: il faut ajuster, pas forcer. Les huiles essentielles de citronnelle et de girofle, un massage léger des orteils avec de l’huile d’olive, ou un sirop de sirop d’érable avec du gingembre râpé — ces gestes simples font des miracles. Et souvenez-vous: on ne s’adapte pas à l’hiver en voulant le combattre.
Petite astuce pour les jours où le moral fléchit
Le froid peut parfois cacher une ombre — celle de la fatigue, de l’anxiété, ou d’un manque de lumière. Dans ces moments, je sors un bougeoir, j’allume une bougie parfumée à la vanille , et je mets en fond sonore une playlist de chants de baleines ou de vagues. Ensuite, je m’allonge sur le dos, les mains sur le cœur, et je me demande: Quel est le premier geste qui me ramène à la lumière? Parfois, c’est un coup de fil à une amie. Parfois, un bol de soupe lentement savouré. L’hiver est un miroir. Il nous montre ce qu’on laisse geler en soi.
Un dernier souffle pour commencer
Prenez une respiration… et expirez les pensées qui vous alourdissent. Cet hiver, plutôt que de lutter contre le froid, offrez-lui un bol de thé à la camomille. Essayez le pranayama ce soir, avant de vous coucher. Et si la neige vous éblouit trop, rappelez-vous que chaque flocon est un message: Tu es vivant. Tu es ici. Il y a de la lumière, même sous la grisaille.
Vous pouvez aussi en apprendre plus sur l’équilibre entre tradition et science dans L’harmonie du bien-être québécois.
Alors, demain, quand la température chutera, qu’est-ce que vous ferez pour vous réchauffer, d’une façon que le froid ne pourra pas atteindre?
— Camille Lavoie, naturopathe – Point Harmonie


