Théo ne dormait plus que sur la chaise du salon. La troisième fois qu’Oliver m’a dit que c’était normal, je lui ai juste répondu « OK » et j’ai fermé la conversation. Mais ce n’était pas normal. Moi, j’avais besoin de dormir, et mon fils aussi. Comment un p’tit gars de 5 ans pouvait-il transformer les nuits en guérilla sans sommeil? La question était claire : si je voulais reprendre mon week-end, je devais agir, pas dans la précipitation, mais avec une logique.
En trois mois, j’ai gagné 10 heures de calme. Pas en changeant la routine en entier, mais en ajoutant 5 minutes par jour, à la même heure, dans la même pièce. Et c’était ça, le truc : pas de grand plan, juste une micro-action. Voici comment j’y suis arrivé.
Le problème honnête
Les nuits avec Théo étaient un combat silencieux. Il ne pleurait pas, ne criait pas, mais son agitation était un signal. Je l’ai suivi pendant des semaines : il changeait de position 7 fois en 10 minutes, me demandait des bisous, des câlins, des histoires — toujours deux de plus que la veille. Et puis, un soir, il a dit « Papa, je suis fatigué ». J’ai compris : il avait besoin de routine, pas de m’imposer la mienne. Je cherchais une solution qui lui convenait, pas une méthode qui m’arrangeait.
Ce que j’ai essayé et ce qui a marché
J’ai testé des techniques de sommeil, des playlists, des lumières douces. Rien ne tenait. Jusqu’à ce que j’écrive, sur un Post-it, « 5 minutes pour tout ».
Chaque soir, à 19h30, on s’asseyait sur le balcon. Pas pour dormir, mais pour parler. Moi, je lui disais deux trucs du jour qu’il m’avait appris. Lui, il me racontait son jeu préféré ou un animal que j’avais oublié de nommer. Cinq minutes, pas plus. Juste assez pour lui dire que je l’entendais. Et là, magie : les nuits se sont calquées.
En 90 jours, c’est 450 minutes dépensées, mais 10 heures de week-end retrouvées. Comment? Parce que les nuits étaient plus longues, et les matins plus tranquilles.
Les erreurs que j’ai faites
J’ai essayé de faire des 10 minutes pour « creuser plus profond ». Théo s’est endormi au milieu. J’ai ajouté des questions sur l’école. Il s’est fermé. J’ai compris : moins, c’était plus.
Une autre erreur : croire que c’était juste pour lui. Non. C’était aussi pour moi. Ces 5 minutes étaient une réponse à mon besoin de fermer la porte du salon avant de dormir.
Un défi direct
Prends 5 minutes par jour, une fois, dans un endroit. Pas pour corriger, mais pour écouter. Avec ton enfant, ton conjoint, ton chien — peu importe qui. Juste assez pour dire que tu es là.
Puis, note ce qui change en toi. Pas les statistiques, mais les silences. C’est là que tu retrouveras ton temps.
— Alexandre Varen, coach de vie – Point Héro


