J’ai cru que les mots étaient un mur. Un mur trop haut, trop solide, que j’étais seul à vouloir escalader. J’écrivais, je relisais, je supprimais. Rien ne sortait droit. C’était comme essayer de peindre une maison avec des doigts mouillés. Jusqu’à ce que je me souvienne de ce que m’avait dit Oliver : « L’écrire, c’est pas des élans, c’est des coups de pioche. » Il n’a pas tort. Moi, je faisais de la menuiserie, à l’époque. Chaque planche, chaque clou, c’était des actions. Pourquoi les mots seraient-ils différents ?
Le problème honnête
J’avais peur de l’échec. Pas du texte, non. De ne pas être assez. Je voyais des phrases qui ne rimaient à rien, des idées qui se perdaient dans le vide. J’ai passé des heures à chercher des mots « beaux » quand tout ce que je voulais, c’était communiquer. Le pire ? Je sentais que les mots étaient ma barrière. Comme si chaque phrase que je n’arrivais pas à formuler me rapprochait d’une autre échec. C’était lourd. Très lourd.
Ce que j’ai essayé et ce qui a marché
J’ai commencé par des trucs simples. D’abord, j’ai arrêté de me forcer. L’écrire, c’est comme construire une maison : faut poser les fondations d’abord. J’ai pris une feuille et j’ai écrit une seule phrase à la fois. Pas d’ambition, juste du concret. Exemple : « Demain, je vais poser le plancher dans la cuisine. » Puis, le lendemain : « C’était lourd. Mes mains ont mal. » C’est peut-être pas Pulitzer, mais c’était réel.
J’ai aussi appris à me fier à mes mains. Quand je suis trop perdu dans ma tête, je me mets à faire un truc physique. Changer une chaise, planter des plantes, réparer un robinet. C’est comme un reset. Mes mains me parlent, elles me disent : « Tu peux. » Et puis, j’ai appris à simplifier. J’écris comme je parle. Pas de phrases compliquées, pas de jargon. Juste des mots directs. Comme Oliver me le rappelle souvent : « Si ton père le comprend, t’as réussi. »
Les erreurs que j’ai faites
J’ai essayé d’être parfait. Trop de temps sur une phrase, trop d’ajustements. Le pire, c’est que je finissais par tout supprimer. J’ai aussi cru que les mots devaient sonner bien, pas juste dire quelque chose. J’ai perdu des mois dans des détails alors que ce qui comptait, c’était l’action. Et puis, j’ai sous-estimé les petites étapes. Je pensais que je devais tout faire à la fois. Or, c’est en avançant un clou à la fois qu’on construit une maison.
Le défi : Commence par un coup de pioche
Aujourd’hui, je te dis ça : arrête de tout attendre d’un coup. Prends un objet autour de toi. Un livre. Une chaise. Écris trois phrases à son sujet. Pas besoin d’être poète. Juste dis ce que tu vois. « C’est usé. Les coussins sont mollets. Je l’ai repeinte en bleu. » Et hop. T’as fait un mur. Un tout petit, mais un mur. Demain, un autre. Et là, t’as cassé le reste.
De l’écran à l’étreinte: Comment l’IA et la paternité redéfinissent mon code personnel
— Alexandre Varen, coach de vie – Point Héro


